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Test Shakedown: Hawaii – Enfers sur les tropiques

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Apparu pour la première fois en 2015, Shakedown: Hawaii est directement devenu un titre convoité par les joueurs. Se plaçant directement dans la trajectoire de son aîné Retro City Rampage, sorti sur presque tout les supports, on rêvait tous de voir ce que Vblank Entertainment nous avait prévu pour notre voyage dans un Hawaii en 16 bit. Le soft est à présent disponible et nous avons pu passer un peu de temps avec lui. Alors, à quel point Shakedown: Hawaii marche-t-il dans les pas de son aîné ? Corrige-t-il les défauts du titre précédent ou les dilue-t-il avec des nouveaux ?


Thursday January 01, 1970

Sur le retour
Shakedown: Hawaii est un jeu d’action en vue du dessus de style GTA-like. En gros, c’est un monde ouvert, quoi. On y découvre notre avatar, le vieux PDG d’une compagnie au bord du gouffre. Effectivement, ça fait des années maintenant qu’il profite de sa retraite, se reposant sur les bénéfices de sa société, sirotant cocktails sur cocktails devant sa télévision.
Seulement, faute d’action de sa part, les différents business qui composent son empire ont fini par fermer, souffrant face à la démocratisation des nouvelles technologies (non mais sérieusement quoi, qui achète encore des VHS en 2019 ?). C’est donc au pied du mur que nous retrouvons notre avatar et il est prêt à tout pour récupérer sa place au sommet. Un scénario bateau sur thème de conquête à la Al Capone qui ne surprendra pas grand monde.
Dans l’exécution, pas de surprise non plus. De prime abord, le gameplay est quasiment transposé tel quel depuis Retro City Rampage, pas de nouveauté sur ce plan-là. On court, on castagne, on saute sur ses opposants et on tire. Une course à faire ? On peut toujours emprunter une voiture parmi la large sélection de véhicules disponibles.
Toutes les options ont fait le voyage depuis le premier épisode et personne ne sera perdu. Un défaut en revanche, le tir automatique n’est pas toujours très efficace. Cependant, ce souci est atténué par l’usage du stick droit, ce dernier offrant plus de précision dans les phases de shooting… Non pas photo non…
Ajoutons à ça une surcouche inédite. Effectivement, Shakedown: Hawaii ajoute en plus du classique gameplay issu de son patriarche, une surcouche de jeu de gestion. Eh oui, après tout, vous êtes dans les affaires maintenant. Rassurez-vous, rien de bien compliqué, disons que vous pouvez cibler vos actes de délinquances afin de débloquer de nouveaux bâtiments à acheter. Ces locaux vous permettront de renflouer au fur et à mesure vos caisses et seront indices du succès de vos plans.
Enfin, ça c’est sûr le papier parce qu’il ne s’agit rien de plus que de racoler les completionnistes, les accros au 100%. L’autre avantage sera de vous offrir un meilleur salaire afin que votre avatar puisse arborer le look de votre choix et s’acheter quelques améliorations de gameplay (oui des prothèse,oui).


Thursday January 01, 1970

Plus belle la ville
La force de Shakedown: Hawaii ? Son esthétique et tout ce qui a trait à l’art visuel et sonore. Si Octopath Traveler avait surpris avec son look à sa sortie et s’était offert du coup les bonnes grâces de la critique et des joueurs (la nôtre incluse), notre titre d’aujourd’hui fait plus avec moins. La ville est vivante. Les décors, sublimes, les végétaux animés par le vent, les PNJ et leurs animations, les voitures qui défilent…
La tableau que nous offre Vblank Entertainment est bluffant et confirme réellement que les pixels peuvent être plus que des carrés de couleurs qui s’empilent. Et le studio réalise cet exploit sur une carte bien plus imposante que celle de Retro City Rampage, extrêmement terne en comparaison. Hawaii transpire la vie et il est réellement agréable de prendre un véhicule et de s’y promener ou simplement de tout démolir. Oui, ça aussi c’est permis.
Les cutscenes en revanche sont plutôt froides et si on peut se prendre à quelques sourires quand on rencontre les modèles plutôt détaillés mais franchement rigides des différents personnages, la répétition des scènes d’exposition finira vite par vous lasser. Dieu merci, la musique égaie ces pertes de vitesse. La B.O. est punchy et dynamique et fleure bon les années 90.
Elle traîne un je-ne-sais-quoi de familier qui rappelle réellement les génériques des années 90. Serait-ce dû aux beats synthétiques ? Ou simplement au synthé qui sonne ? Difficile à dire mais elle apporte un plaisir véritable, facilement multiplié lors de vos virées en bateau ou à fond au volant d’une voiture sur les trottoirs de la ville. Comment ça une voiture roule sur la route ?


Thursday January 01, 1970

Inventaire des assets et des pertes
La conclusion aurait fait tellement de bien si elle était arrivée maintenant mais malheureusement, Shakedown: Hawaii est loin d’être exempt de défauts. Oh que non, d’ailleurs en plus d’une tare qu’il partage avec son aîné, il crée également le sien et les deux sont intrinsèquement liés. Tout d’abord, force est de constater que le titre manque cruellement de substance. Si on pouvait déjà reprocher ça à son aîné, Shakedown: Hawaii le pousse lui à son paroxysme.
Si dans un premier temps, le titre semble s’ouvrir sur une myriade d’activités différentes, laissant libre cours à la manière de reconstruire votre empire, on se retrouve vite à enchaîner les missions, des quêtes FedEx glorifiées par le massacre (go there/kill or destroy that). Difficile donc de se sentir impliqué par si peu d’ambition. Maintenant, imaginez que c’est comme ça tout le long du mode solo.
Mais Retro City Rampage compensait ça avec des traits d’humour et par un usage généreux de références. Ces dernières avaient pour but d’ailleurs de motiver le joueur à en voir plus. Et Shakedown: Hawaii alors ? Non, ici pas de Madeleine de Proust pour les rescapés des années 90. On se retrouve uniquement face à ce cycle go/kill et quelques blagues qui font, ou pas, mouche. Si on apprécie de voir certaines références au monde d’aujourd’hui sous forme de parodie, il faut reconnaître que l’humour léger de l’épisode précédent n’a pas trouvé écho ici.
On le ressent d’ailleurs également dans l’apparence générale du titre, le tout étant au final très beau mais sans trop de fantaisie (on pensera notamment aux différents véhicules apparus dans le jeu en 8 bit…) En même temps, difficile de faire dans la légèreté quand on se donne comme ambition de moquer une industrie à laquelle on participe…

 

Shakedown: Hawaii n’est pas le carton qu’il aurait pu être. Si son esthétique est une franche réussite, sa jouabilité creuse assommera les joueurs les moins motivés et les adeptes de longues sessions. Il se prête en revanche très bien aux courtes sessions, une petite promenade/tuerie entre 2 parties d’un jeu plus prenant. D’une extrême richesse pour qui le veut mais miné par des lourdeurs et son cycle répétitif, ce titre ne plaira vraiment pas à tout le monde. Il saura à coup sûr satisfaire les fans d’esthétique rétro avec son pixel art et sa bande-son plus que réussis.
(site officiel)

L’article Test Shakedown: Hawaii – Enfers sur les tropiques rédigé par LD4K4 est issu de LightninGamer.

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