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Critique manga Hell’s Paradise tome 6 – La beauté au milieu du chaos

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Le teasing se prolonge dans Hell’s Paradise tome 6 puisque la menace, qui commençait à se dessiner en arrière-plan depuis le tome 4, continue de s’illustrer de façon très discrète, contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer. Mais qu’à cela ne tienne, mettons ça dans un coin de notre tête, et restons concentré sur Gabimaru, qui va avoir fort à faire dans ce tome.
(Critique Hell’s Paradise tome 5 réalisée à partir d’une version fournie par les Éditions Kazé)
Le pitch de Hell’s Paradise (No spoil)
Hell’s Paradise met en scène la tentative de “rédemption” de Gabimaru, un shinobi du clan Iwagakure dans le Japon de l’époque Edo. Amnésique et arrêté pour un crime dont il semble accepter la sentence, Gabimaru ne cesse d’appeler la mort de ses vœux depuis le fond de sa cellule. Manque de chance ou pas, la maîtrise des arts shinobi lui procure une constitution suffisante afin de résister aux tentatives de décapitation de ses bourreaux.
Mais une exécutrice très particulière surnommée “La Grande Coupeuse de Têtes”, intriguée par ce shinobi immortel, va faire le déplacement pour mettre fin à la vie de Gabimaru. Cependant, après avoir jugé de son potentiel, l’exécutrice Sagiri Yamada Asaemon lui proposera un marché qu’il finira par accepter : se rendre sur une île mystérieuse dont nul n’est jamais revenu, afin d’y rechercher un élixir d’immortalité convoité par les puissants de cette époque.
Départ standard, motivations classiques pour Gabimaru, ce n’est qu’une fois sur l’île que Hell’s Paradise commence à dévoiler son potentiel et surtout l’originalité qui le démarque des autres. Car tout portait à croire que l’on allait nous servir un énième battle royale sans saveur. Cependant, le mystère de départ se divise rapidement en une myriade d’embranchements intrigants sur fond de surnaturel et de folklore japonais, au cœur d’une île à la beauté paradisiaque, mais où le danger peut se cacher dans la moindre particule environnante.


Thursday January 01, 1970

La critique de Hell’s Paradise tome 6 (Voir directement la conclusion pour un avis rapide sans spoil)
Hell’s Paradise tome 6 démarre tambour battant sur un combat qui a beaucoup de choses à nous dire et qui encore une fois aura un impact important sur les personnages concernés. C’est l’une des grandes forces du manga depuis le début, et il ne semble pas près de perdre en habileté de ce côté. On vous le rappelle, Gabimaru est toujours amnésique et ne comprend pas tout ce qui lui arrive, ni ne reconnait les personnages du groupe dans lequel il se trouve, pas même Mei qu’il a protégée au péril de sa vie.
De l’autre côté, nous avons aussi un duo de personnages intéressants, Chôbé et son frère Tôma. Le premier contrôle à présent le Tao d’une manière impressionnante, tant et si bien qu’il n’est plus tout à fait lui-même par moment, et le second s’avère être à présent le seul lien permettant à Chôbé de ne pas sombrer dans une sorte de folie démoniaque.
Ce qui est intéressant ici, c’est d’avoir une sorte de combat miroir, avec de chaque côté un duo de personnages ayant des liens plutôt similaires dans un sens. Gabimaru, avant son amnésie, avait pris la décision de rester sur le “droit chemin” dans l’espoir de retrouver sa femme un jour, et sur place c’est Mei qui se trouvait être l’être matériel qui l’incarnait. Après tout, on peut voir une légère ressemblance entre Mei et la femme de Gabimaru, et les deux femmes ont été marquées comme du bétail par le passé. De plus, Gabimaru veille sur Mei, à l’instar de Chôbé qui veille sur Tôma, alors même que Tôma se trouve être l’un des exécuteurs. Vous l’aurez compris, plus qu’un simple combat, encore une fois, nous sommes face à un affrontement qui a beaucoup de choses à dire, parfois par le texte, mais aussi souvent par les images.


Thursday January 01, 1970

Durant ce duel, les protagonistes vont complètement perdre la raison dans le but de prendre l’ascendant sur l’autre, et la résolution de ceci va permettre une évolution de Gabimaru et Chôbé dans un premier temps, à la façon du Yin et du Yang. Chôbé, vaincu, va souhaiter repousser ses limites pour contrôler cette part démoniaque qu’il a subie jusqu’à présent au point d’en perdre la raison, et Gabimaru, non sans renier sa puissance meurtrière, va retrouver petit à petit la mémoire, et se souvenir de la douceur et l’apaisement que lui apportait sa femme. En plein milieu du tome, nous avons donc un pur moment de bonheur, et alors que cela est plutôt rare dans le manga, nous avons justement tout un champ lexical de la douceur qui s’y mêle pour apporter un joli moment au milieu du carnage habituel.
Dans un second temps, ce sont donc les personnages de Tôma et Mei qui sont impactés par le duel. Tôma, après avoir vu son frère tomber dans un précipice suite au combat, va décider de prendre ses responsabilités afin de devenir plus fort, dans le but que ce lien, dont on vous parlait, soit lui aussi plus fort que jamais. Mei, c’est un peu particulier, puisqu’après le combat et avoir utilisé un pouvoir mystérieux, elle va devoir se nourrir de l’énergie vitale de celui qui a été comme un père pour elle pendant des décennies, afin de survivre. Autant vous dire que niveau émotions, dans ce tome, on est servi, d’autant plus que l’auteur fait mouche presque à chaque fois, notamment avec des flashbacks toujours distillés avec justesse.
Enfin, nous retrouvons Chôbé au fond du trou (au sens propre) suite au combat avec Gabimaru, où il va faire la rencontre de l’un des membres du Tensen, et va se rendre rapidement compte que pour les vaincre, il va falloir devenir bien plus fort. Il perd finalement, s’évanouit, et se retrouve pieds et poings liés à son réveil. Et c’est là que les choses prennent une direction aussi folle qu’intéressante. On assiste alors au coït entre Chôbé et l’être du Tensen, ce qui dans un premier temps nous a laissés sans voix, presque choqués, et pourtant l’auteur arrive à dire tellement de choses avec une scène qui, dans bien des mangas, aurait été là pour apporter un fan service dérangeant. Mais ici, bien au contraire, il s’agit d’un moment nous amenant à réfléchir sur les objectifs du Tensen, sur ce qu’est le Tao, sur leur façon de penser, mise en opposition avec tout ce que l’on a découvert jusqu’à présent. Bref, une scène de sexe presque philosophique sous certains angles, nous laissant alors avec plein de questions en tête… Vivement le tome 7 !


Thursday January 01, 1970

Eh bien voilà, Hell’s Paradise tome 6 est passé si vite que nous en sommes restés sur notre faim. Mais attention, pas la faim qui indique qu’on a eu trop peu à manger, mais bien la gourmandise, qui nous pousse à demander du rab par pur plaisir. Car clairement, ce tome a encore une fois eu beaucoup de choses à raconter, avec une superbe exploitation de ses personnages, et un mystère sur lequel le voile a été levé, mais qui continue de susciter énormément d’interrogations.
L’histoire avance bien, avance vite, et nous n’avons absolument aucune réserve quant au tome 7 à venir. Il faudrait vraiment un sacré souci pour qu’à ce moment de l’histoire, la qualité s’effondre, tant l’auteur semble avoir bien construit son récit.

 
L’article Critique manga Hell’s Paradise tome 6 – La beauté au milieu du chaos rédigé par Danceteria est issu de New Game Plus.

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